La débâcle de l’équipe de France

En tant que passionné de football, je ne pouvais faire autrement que de revenir sur la débâcle de l’équipe de France lors de la coupe du monde en Afrique du Sud.


Si l’on fait un petit historique, tout a réellement commencé après la finale de la coupe du monde en Allemagne en 2006. A ce moment-là, il fallait commencer à intégrer des nouveaux joueurs et à laisser de côté les anciens tout en les conservant dans l’effectif pour qu’ils fassent partager leur expérience à la relève. Déjà à ce moment-là, une grosse erreur a été faite par Raymond Domenech qui n’a pas su faire confiance à la jeune génération, mais quand on regarde le parcours de l’Italie en Afrique du Sud, on se dit qu’ils viennent de vivre à peu près la même chose que nous. L’euro 2008 a donc été un fiasco total, et il a fallu tout reconstruire sans aucune arrière-pensée pour préparer cette coupe du monde 2010.

Pendant deux ans, l’équipe de France n’a jamais produit un jeu capable de mettre en difficulté des équipes très moyennes. Le fait de jouer avec un seul attaquant n’a jamais permis aux Bleus de marquer beaucoup de but. Dans ces cas là, il faut s’appuyer sur une défense très solide que nous ne possédions plus depuis le départ de Thuram, Desailly, Blanc, Lizarazu et Sagnol. Pendant deux ans, les supporters et les journalistes se sont attardés très longuement sur le sort et les conférences de presse de Raymond Domenech car c’était à peu près le seul moment où l’équipe de France produisait du spectacle bien malgré elle.

Un coup du sort et la malice de Thierry Henry nous ont permis néanmoins de nous qualifier in extremis contre l’Irlande pour la plus grande compétition mondiale qui se déroule pour la première fois sur le continent africain. De nombreux joueurs français ont des origines africaines, et l’on pouvait penser qu’ils feraient tout pour réaliser un grand parcours. Mais tout a été gâché.

Quand on regarde la préparation depuis Tignes, on voit bien que tout a été fait dans le dépit du bon sens. Comme le disait Guy Roux, alors que des matchs allaient se dérouler en altitude lors des qualifications pour les huitièmes de finale, il fallait se préparer longuement à une altitude supérieure à 1500 mètres. Or qu’ont fait les bleus ? Une semaine à Tignes pour faire du Quad, puis après ce fut une joyeuse colonie de vacances fortes sympathiques. Si le match à Lens a été un moyen de constater une fois de plus que le public lensois était formidable, le voyage en Tunisie et à la Réunion n’ont servi à rien sinon à faire plaisir aux gens. Or le plaisir, justement, les joueurs n’en avaient pas à donner. Trop isolés dans leur monde de riches, ils signèrent quelques autographes sans même jeter un regard aux supporters qui étaient venus les encourager et les soutenir. Comment pouvons nous soutenir des Bleus qui prennent un bus pour faire 100 mètres afin de ne pas rencontrer sur leur passage 20 personnes en short avec des enfants dont le rêve est de pouvoir toucher le maillot ou la main d’un Henry ou d’un Gourcuff ?

Arrivés en Afrique du Sud avec une condition physique déplorable et un état d’esprit désespérant, l’équipe de France qui n’a jamais été unie se voyait déjà arrivée au firmament de la planète football. Une première polémique pour un hôtel trop cher a sans doute permis d’allumer le feu qui n’attendait que ca. Un premier match satisfaisant avec une défense rassurante, un deuxième lamentable contre une très belle équipe mexicaine avec en prime des insultes envers le sélectionneur de la part d’un joueur que nous connaissons bien au PSG et que nous aimons malgré tout. Une conférence de presse magique pour nous affirmer que les joueurs étaient parti désormais à la chasse au traitre pendant que d’autres s’entrainaient pour marquer des buts. Une grève de l’entrainement. Une visite au township réalisée à une vitesse grand V pour ne pas croiser Rama Yade, tant pis si ces sales pauvres africains qui rêvaient de rencontrer leurs idoles sont rester sur leur faim, nos grandes stars ont préféré ne pas rencontrer une représentante de l’état et des couleurs françaises plutôt que de faire un effort afin de contenter des enfants qui ne profiteront pas beaucoup de cette coupe du monde … Quand à la grève de l’entrainement, il paraît que la maire avait organisé une fête avec les écoles de la ville pour venir participer à l’entraînement, mais une fois de plus, les joueurs ont préféré tourner les talons. Heureusement, Dieu les a vengé, pas les français, non, les enfants africains, qui ont pu voir avec plaisir l’Afrique du Sud battre 2 à 1 l’équipe de France dans un match ou les Bleus auraient pu prendre 2 ou 3 buts de plus.

Pour en finir, car il faut bien que cela se termine un jour, étant donné que nous avons été sevrés de football pendant cette coupe du monde et que nous n’avons pas pu être fiers d’être français, nous pensions au moins que nous allions pouvoir nous amuser en découvrant les révélations fracassantes que les joueurs nous ont promis après le dernier match. Comme si ils ne s’étaient pas assez foutu de notre gueule, ils ont attendus quelques jours pour venir affirmer sur les plus grands médias que le groupe vivait bien, il n’y avait pas de pension, que tout le monde était fier de porter le maillot Bleu-Blanc-Rouge et que finalement, ils n’avaient pas bien joué. Ah oui, au fait, tout le monde soutenait Nicolas Anelka …

Bref, comme le titrait le Parisien le lendemain, les Bleus parlent pour ne rien dire, après avoir été s’entrainer pour ne pas s’entrainer et avoir participé à une coupe du monde pour ne pas jouer, pouvait on s’attendre à autre chose de leur part ?

Pas sur que tout cela en reste là. Les nouveaux, les jeunes ont peut être aussi leur mot à dire ? Quid de Toulalan, Gourcuff, Valbuena, Diaby, Diarra, Sagna ? S’ils n’ont pas été meilleurs sur le terrain que leurs compères, ils avaient peut être envie de s’entrainer eux ? Mais ont-ils vraiment eu le choix ? Y avait-il vraiment des caïds dans cette équipe ?

Pour le moment, on doit s’en tenir à la version officielle, les joueurs étaient heureux de jouer pour la France, d’aller en Afrique du Sud, de vivre ensemble car il y régnait une très bonne ambiance. Bref, à part la défaite, il ne s’est presque rien passé. Circulez, y a rien à voir.